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jeudi 14 avril 2011

Marathon de Paris - 10 avril 2011

Jeudi 7 avril. J-3. Ce n’est pas par hasard que je commence ce compte rendu au jeudi qui précède un marathon de Paris. J’aime particulièrement cette journée. Elle commence toujours  par la préparation de mon Malto pour augmenter les réserves glucidiques. Jusqu’au samedi, je vais boire quotidiennement  1,5 litre de cette potion magique, soit l’équivalent en apport énergétique de 650g de pâtes.

Puis arrive le moment tant attendu de la récupération du dossard, Porte de Versailles. Cette année, c’est une première. Marathon Expo devient Running Expo, point de rendez-vous de tous les joggers, marathoniens, trailers, triathlètes… J’y suis dès 15h30 et constate que beaucoup d’autres ont eu la même idée que moi. Il me faudra près de trois quarts d’heure pour accéder au pavillon.
Dossard et puce chronométrique sous le coude, je file au stand Bauerfeind France, société pour laquelle je vais participer à une enquête sur les effets d’une chaussette de compression pendant un marathon. On m’explique que deux groupes d’une cinquantaine de coureurs chacun ont été constitués, l’un portera les bas et l’autre courra sans. Ainsi, l’action de contention dans la pratique sportive doit aboutir à une meilleure oxygénation de la fibre musculaire, élimination des toxines (acide lactique) et retard des crampes. Très prometteur tout ça ! Reste à tester maintenant.  Pour moi, ce sera le groupe « avec ». Le docteur procède ensuite à une échographie du mollet pour mesurer une veine et l’on me remet ma paire de chaussettes VenoTrain Sport.

Vendredi 8 avril. Dernier jour de mon plan d’entraînement. Depuis maintenant huit semaines, à raison de quatre sorties hebdomadaires, je suis à la lettre un programme qui doit me permettre d’approcher les 3H30 au marathon. Aujourd’hui, c’est donc la der ! 30 minutes de footing très tranquille à 65% de ma Fréquence Cardiaque Maximale (FCM).
Samedi 9 avril. J-1. Voilà une autre journée que j’adore, celle de la préparation du paquetage. Tout passe à la revue : la tenue complète, les gels, la boisson d’attente, l’installation de la puce sur les chaussures, le garmin 405, la liste de lecture de l’iPod… Bref, je rentre vraiment dans ma course à ce moment précis et j’avoue déconnecter un peu du reste!

Dimanche 10 avril. On y est. Nous sommes cette année une quarantaine de milliers d’inscrits plus un : le soleil. Nul doute qu’il jouera un rôle prépondérant aujourd’hui. Il fait déjà bon sur les Champs à 7h00. Mais pour l’heure, place à l’organisation d’avant course. Enfilage de la tenue, mise en place du cardio-gps, vérification du matériel. Catastrophe ! Il manque un embout caoutchouc sur le casque de mon mp3. Je mobilise mes parents, responsables de l’intendance, mais rien n’y fait. Ce petit bout de M…. a disparu. D’habitude très organisé, je suis du coup en colère contre moi-même. Il va falloir faire avec (ou plutôt sans !). 

8h00. Je rejoins mon SAS de départ, celui des 3h45. J’ai revu à la hausse (niveau performance) mon objectif depuis l’inscription en septembre dernier. Je vise clairement entre 3H30 et 3H40. Au coup de feu, je partirai à une allure de 5mn/kilo, soit 12 km/h.
8h45. Départ. Je mettrai environ 6 minutes à franchir la ligne. Les meilleurs sont déjà à 20 km/h alors que le « gros du peloton » avance pas à pas vers la libération. Ces instants sont uniques. Excitation, adrénaline, doute, effervescence, respiration, tout s’entremêle. C’est magique, c’est parti !

Je me sens bien à mon allure et pourtant mes pulsations s’affolent. Je ne comprends pas. Ces cinq premiers kms sont inquiétants. Peut-être mon garmin affiche-t-il des données fantaisistes ? Peut-être est-ce dû aux médicaments pris pour soigner cette crève que je traîne depuis le début de la semaine? Dans le doute, je réduis ma vitesse, rue de Rivoli, en espérant retrouver vite mes 162 bpm et un 80% de ma FCM. Je passe en 25:53 au 5è kilo puis en 51:44 au 10ème.
Tout est rentré dans l’ordre. Je crois vraiment que mon matériel m’a joué un vilain tour ! Je prends maintenant mon allure de croisière (4,58mn/kilo) dans le Bois de Vincennes et arrive au 15ème en 1:16:34. Il fait chaud, très chaud pour un jour d’avril, trop chaud pour un marathonien. Certains sont déjà en souffrance. Hors de question de louper un seul ravitaillement au risque de prendre cher à la fin. Boire ou courir, il ne faut pas choisir ! Les deux mon Capitaine. L’occasion pour moi de remercier très « chaleureusement » tous les bénévoles, tenanciers de ces stands de rafraîchissement et les autres, sans qui la course ne serait pas la même. On ne le répétera jamais assez.

Passage au semi en 1:47:05. Je suis dans les temps même si j’espérais secrètement pouvoir descendre sous les 3H30. Il me faudrait faire un sacré négative split (courir plus vite le deuxième semi que le premier) pour les atteindre. Impensable dans ces conditions météo et lorsqu’on sait que la deuxième partie du marathon de Paris est plus difficile que la première. Je suis donc contraint de rester à mon allure et dans la fourchette visée.

Deuxième passage à la Bastille, virage à gauche, virage à droite et nous voici sur le Quai des Célestins avec, au menu, bosses à franchir et tunnels à traverser. Il s’agit là d’un passage clé de la course et la vérité du terrain est sans faille. Trop vite tu partiras, sur les quais tu le paieras ! Pour moi, tout va bien. Je suis au 25ème kilo en 2:06:22 et à une allure de 4’56mn/km.  C’est en revanche beaucoup plus délicat pour d’autres. Le soleil fait véritablement ses premières victimes et je préfère ne pas décrire ici tout ce qui se passe autour de moi. J’ai mal pour ces compagnons d’aventure mais je dois rester dans ma bulle, le regard fixé sur la ligne bleue.  Je loupe encore une fois la Tour Eiffel aux abords du 29ème km (j’avais déjà fait ce constat l’année dernière) et passe en 2:31:54 au 30ème.
Je ne vois pas de « mur » à l’horizon. C’est maintenant que l’entraînement doit payer, que l’on repense à toutes ces sorties hivernales et très matinales, sous la pluie ou la neige. Hors de question de craquer. En plus, effet placebo ou pas, mes chaussettes de compression me procurent un confort très appréciable. Je leur dirai à Bauerfeind ! En revanche, je reste vigilent avec mon oreillette orpheline de son embout. Je me suis d’ailleurs déjà mis quelques coups en voulant la replacer correctement. Pas très agréable de s’enfoncer une tige en plastique dans l’oreille.

Me voilà à l’assaut du Bois de Boulogne et de la dernière phase. Je sens que les jambes s’alourdissent et que mon allure ralentit. 35 km en 2:58:41. J’ai pourtant doublé deux milles coureurs depuis le passage au semi. Ça devient dur. Je suis en 5’17mn/kilo. Il va falloir s’accrocher si tu veux aller chercher les 3H40 me dis-je ! Je réduis la foulée, refuse d’écouter les signaux que me lance mon corps et ne pense maintenant qu’à battre mon record de 3H47. Ça va le faire, le 40ème commence à rugir le long de l’allée de Longchamp. Je cours certes en 5’20 mais je cours. Je ne marche pas, ne m’étire pas, ne craque pas. Dernier kilo, je donne tout, monte à 90% de ma FCM mais je profite de chaque instant. Les larmes montent, je pense à mes proches. Je cours, je pense, donc je suis. Et je franchis la ligne d’arrivée en 3:37:45.

Le Doc de Bauerfeind m’attend pour faire une nouvelle mesure de ma veine, laquelle confirmera les effets positifs – en tout cas pour moi – de la compression sportive sur l’organisme.

C’est un nouveau record personnel. J’aurais aimé mieux faire mais dans ces circonstances, cela reste correct. Je termine à la 6516ème place sur 32092 partants. Vitesse moyenne de 11,6 km/h et 40 minutes de moins sur la distance en un an de pratique. Je donne rendez-vous aux 3H30 le 30 octobre prochain au marathon de Vincennes…

4 commentaires :

  1. Bonne gestion avec une fin dans le dur !!!
    Et puis les larmes à l'arrivée, c'est toujours une sensation géniale !!

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  2. Merci offrun !
    Vivement le prochain pour revivre ça...

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  3. Bravo pour ton chrono et merci pour ton récit. J'ai couru mon premier marathon cette année et la chaleur était terrible en effet... 4h18 mais quand je lis que tu as fais 40' de moins en une année cela me donne du baume au coeur ;-)

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  4. Félicitations à toi SebRom. L'entraînement, le plaisir et la volonté paient toujours dans notre discipline ! La barre des 4h te tend les bras. Au prochain, tu la briseras j'en suis sûr ;-) Bonne récup'

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